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mardi 14 avril 2020

Après le choc : relocalisations dans l’industrie, délocalisations dans les services



La crise économique et sanitaire actuelle nous invite à repenser les processus de production mondialisés. 
El Mouhoub Mouhoud, Université Paris Dauphine 

Assistera-t-on à une « démondialisation complète » sur des bases nationales, comme on l’entend parfois depuis l’avènement du Covid-19 ? Aucune certitude. Si les relocalisations sont amenées à s’accélérer dans l’industrie, un boom des délocalisations pourrait bien advenir dans les activités de services qui concentrent pourtant la plus grande majorité des emplois.

Au sens strict, la relocalisation, phénomène qui n’est pas nouveau, est le retour dans le pays d’origine d’unités de production, d’assemblage, ou de montage, antérieurement délocalisées dans les pays à faibles coûts salariaux. La production dans les pays d’origine se substitue aussi à l’approvisionnement à l’étranger en composants intermédiaires ou pièces détachées (outsourcing). Au sens large, la relocalisation peut se définir comme le ralentissement du processus de délocalisation ou la relocalisation à proximité des marchés régionaux.

En réalité, l’hypermondialisation de la fragmentation des chaînes de valeur mondiales s’essoufflait déjà dès la fin des années 2000 en raison du retournement des mêmes facteurs qui l’avaient stimulée dans les années 1990-2000. Les coûts d’approvisionnement et coûts salariaux unitaires dans les pays émergents sont partis à la hausse dès le milieu des années 2000 et les relocalisations se sont alors accélérées aux États-Unis, au Japon et en Europe.

D’autres facteurs expliquent la tendance à la relocalisation observée : l’accélération de la robotisation des chaînes d’assemblage, la hausse des coûts de transport et de transaction dans certains secteurs, ou encore les problèmes de délais de livraison, de qualité ou de sécurité des produits délocalisés.
Les ruptures d’approvisionnement liées au choc du Covid-19 n’ont fait que révéler au grand jour ces risques des délocalisations.

Sécuriser les approvisionnements


Tout d’abord, dans l’hypothèse d’une reprise économique mondiale, après ce choc, les tendances déjà visibles de la relocalisation devraient s’accélérer dans les secteurs à matières solides, qui ne rencontrent pas d’obstacles à l’automatisation des chaînes d’assemblage (automobile, électronique, mécanique, etc.), en particulier dans un contexte d’accès aux financements bancaires à coûts très bas.
La relocalisation est déjà une réalité dans les secteurs pondéreux ou volumineux sensibles aux coûts de transport et aux barrières commerciales.

De leur côté, les entreprises des secteurs stratégiques (pharmacie, biotechnologies) dominés par la concurrence par l’innovation, qui sont dépendantes d’un petit nombre de fournisseurs en Chine ou en Inde par exemple, vont probablement relocaliser ou freiner les délocalisations de leurs approvisionnements.

Dans l’industrie pharmaceutique par exemple, dont on parle beaucoup depuis la crise sanitaire, les firmes investissent beaucoup dans le domaine de la recherche et développement (R&D) car l’innovation de produits est le mode de concurrence dominant dans le secteur.
Ces firmes délocalisent la fabrication des molécules de base (relativement standardisées) et se concentrent sur les activités de R&D et de marketing en Europe ou aux États-Unis.
Mais, en faisant produire leurs molécules standards dans des pays à plus bas coûts (en Chine ou en Inde), elles prennent le risque de rencontrer des problèmes d’approvisionnement en cas de crise comme celle du coronavirus.

Or, ces secteurs pharmaceutiques, biotechnologiques, ou informatiques à fortes dépenses en R&D sont aussi des secteurs où le nombre de fournisseurs est relativement faible. Le secteur fait alors face à deux enjeux : la dépendance avant et après l’échange et un potentiel opportunisme des fournisseurs.
Les gains procurés par ces opérations sont importants puisque les prix sont très élevés lorsque le produit est breveté, plus faibles mais à marges élevées pour les produits génériques.

Ces comportements de marge qui consistent à ne pas répercuter les prix des biens sur les coûts de production dans les pays de délocalisation mais à les aligner sur les coûts de production en France se retrouvent dans plusieurs secteurs comme le textile et l’habillement, les chaussures de sport, par exemple. Les risques d’approvisionnement sont alors peu pris en compte. La recherche de ces comportements de marge est aussi favorisée par l’impatience des actionnaires, ainsi que l’illustre la délocalisation de l’entreprise bretonne Plaintel qui fabriquaient les masques FFP2.

Cela laisse penser que les relocalisations en Europe (mais pas forcément en France) augmenteront dans ce type de secteurs. La relocalisation continuera également à se développer dans l’agroalimentaire avec le développement des circuits courts qui sont déjà une réalité.

Vers une délocalisation massive des services ?


Mais ce ne sera pas forcément le cas dans les secteurs manufacturiers à matières souples, dont les activités d’assemblage ne sont pas robotisables (textile, habillement, cuir, chaussures…).
Les effets de rupture dans les chaînes d’approvisionnement seront compensés par des délocalisations itinérantes, de la Chine au Vietnam, à l’Éthiopie ou dans le bassin méditerranéen. Les avantages des entreprises nomades de ces secteurs résident surtout dans leur maîtrise logistique.

Ensuite, et surtout, il convient de ne pas avoir les yeux rivés seulement sur les biens matériels, mais d’analyser aussi ce qui va se passer dans les activités de services aux entreprises et aux ménages (qui représentent 76 % des emplois en France).

Un boom dans les délocalisations, en l’absence de mesures de régulation, pourrait bien advenir après ce choc. Les services sont devenus potentiellement délocalisables malgré leur spécificité intrinsèque : la simultanéité des activités de consommation et de production.
Plusieurs facteurs expliquent cela :
  • Dans les banques ou les assurances, des centaines d’emplois de relation client, de comptabilité, d’informatique, de service juridique, voire même de recherche et développement (R&D), partent déjà chaque année dans des pays à plus faibles coûts.
  • En outre, sous-traiter des tâches de services à distance n’est pas sensible au protectionnisme commercial ni au coûts de transports.
  • Enfin, les acteurs du secteur de la distribution comme de la production de services (banques, assurances, etc.) mais aussi les consommateurs (entreprises ou ménages) vont bénéficier d’un effet d’apprentissage et de réseau du confinement mondial dans l’usage des technologies numériques sans précédent.

Les aides d’État à la relocalisation peu efficaces


En l’absence de nouvelles régulations, cet effet d’apprentissage dans l’outsourcing ou la sous-traitance de services immatériels à distance touchera aussi les services de la connaissance à forte valeur ajoutée, y compris, paradoxalement dans le secteur de la santé et du soin.
Cependant deux facteurs peuvent contrecarrer ce scénario.

Tout d’abord, les risques de ruptures numériques, de coûts de coordination et énergétiques croissants liés à l’usage de masse des technologies numériques, peuvent perturber la logistique de l’offre de services à distance. La fracture numérique continuera à exclure (une déconnexion forcée) des personnes, des territoires et des pays de la participation à la division internationale du travail.



La télémédecine se développe grâce au progrès des nouveaux moyens de communication. Vince Little

Enfin, la mondialisation se traduit surtout par des stratégies d’accès aux marchés par les investissements directs étrangers (IDE), (c’est-à-dire des mouvements internationaux de capitaux réalisés pour créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger ou pour exercer le contrôle ou une influence significative sur la gestion d’une entreprise étrangère). Ce phénomène devrait s’accroître, dans l’hypothèse d’une reprise de la croissance mondiale, dans un contexte d’élévation des coûts de transport et de protectionnisme commercial qui rendent les exportations plus coûteuses.

Pour conclure, les relocalisations ne se décrètent pas verbalement. Mais il ne faut pas refaire les erreurs du passé en distribuant des aides financières aux entreprises sous diverses formes pour les aider à relocaliser. En effet, entre 2005 et 2013, sur environ 200 cas de relocalisations, seulement 7 % des entreprises ont recouru aux aides de l’État pour relocaliser.

Il est nécessaire de réfléchir, en incluant le plus grand nombre d’acteurs, à de véritables stratégies industrielles et de services. Une politique de filière aux niveaux national et européen pour stimuler les relocalisations fondées sur l’innovation doit s’accompagner de la mise en place d’un observatoire d’anticipation des chocs territoriaux des délocalisations. Sans quoi, la mondialisation reprendra son cours, comme après la crise de 2007-2008, en particulier pour les biens immatériels.

El Mouhoub Mouhoud, Professeur d'Economie, Vice-Président de l'Université Paris-Dauphine, PSL Research University, Université Paris Dauphine – PSL

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Ma réponse:


Je ne suis pas d'accord!
Pour tout ce qui concerne les personnes physiques résidentes, tous les services indispensables doivent être relocaliser par obligation légale, ce qui vaut aussi pour les commerces, artisans, PME/PMI qui s'adressent aux résidents!
Traitements informatiques des banques et des assurances, comptabilité, etc…
Seule une marge peut être consacrée à l'externalisation pour les entreprises exportatrices au prorata du pourcentage de leurs exportations dans leur chiffre d'affaire, révisable à la hausse, comme à la baisse, tous les trimestres!
De même, ces entreprises auraient le droit d'acheter une part de biens durables et consommables, toujours en fonction de leurs exportations.
Ceci pour maintenir leur compétitivité à l'export et éviter de produire de l'inflation.
Nous avons une économie de dinosaures, alors qu'elle devrait être une montre suisse qui se réajuste en permanence!
Par ailleurs, il faut croiser les flux de l'immatériel pour générer un plasma créateur de richesses.
Les GAFA qui opèrent en France, devraient avoir l'Obligation de s'y faire coter avec leurs dérivés, en Dollar jusqu'à 15h, heure d'ouverture de Wall street, ensuite les actifs pourraient continuer de s'échanger sur le Marché américain jusqu'à 22h, heure de Paris.
Cela générerait de l'activité ici et là-bas, emplois directs et indirects, consommation et fiscalité, permettant de nous aligner sur la fiscalité américaine grâce à la démultiplication des volumes échangés.
Principe à appliquer pour tout, avec une obligation de cotation des entreprises au-delà d'un certain chiffre d'affaire.
A partir de cela, il peut y avoir des accords de libre échange sectoriel avec l'Amérique, dans le cas de l'automobile, cela concernerait aussi l'acier, l'aluminium, l'électronique liés au secteur, avec transport sur des cargos français et américains, construits à 100% dans les deux pays et des équipages et des assureurs français et américains, les ports devraient aussi se faire coter en bourse des deux cotés, si l'accord est élargi au Canada, alors ce n'est plus un accord par pays, mais par zone, en se limitant aux seules démocraties ayant leur devise convertible.
Et pour pouvoir l'appliquer au Japon et à d'autres, il nous faudrait une bourse mondiale, ouverte 24/24 et 7/7, grâce à nos territoires ultramarins.
Cerise sur le gâteau, un Crypto-Franc ayant cours légal mais interdit de crédit, monnaie de placement qui dévaluerait nos dettes en euros tout en valorisant notre épargne et en compétition avec le Dollar.
Communications internet, data center, mineurs, applications blockchain, non, les services ne seraient pas délocalisés!

Idée de Corona crise: Verser des allocs au MEDEF pour qu'il ponde des robots!

Imaginez que Geoffroy Roux soit en Cloque et touche des allocs pour accoucher de charmants bébés robots...


burst.shopify.com/
On le voit déjà donner l'électro-sein à sa progéniture, quémandant devant une Assemblée médusée, une augmentation des congés maternités 5.0!

Mais hélas, c'est impossible, le pas drôle est un malthusien de la robotique, certainement un traumatisme après avoir vu adolescent, le Terminator voulant faire la peau d'une Sarah Connor, pour  qu'elle ne puisse pas à son tour, enfanter un nouveau Jésus sauveur de l'humanité...

Oui, il y a des films qui marque grave les esprits les plus simples, à moins que ce ne soit le fumeux fameux, "il n'y a de richesses que d'hommes..."

Ce qui est totalement faux, vu que la démographie mondiale contribue fortement à nous pousser vers l'extinction de masse, en avalant goulûment les ressources de la planète, à la vitesse d'un météore, fracassant des dinosaures, n'ayant rien vu venir!

Conséquence gravissime pour notre économie, "malgré la progression sensible des investissements industriels, l'industrie française reste sous-équipée en robots. On y recense 154 robots pour 10.000 employés, soit deux fois moins qu'en Allemagne et cinq fois moins qu'en Corée", nous écrivait le journal "Les Echos", en janvier dernier...

Chose navrante, parce que la robotique pourrait nous faire gagner énormément en productivité, le tout sans inflation des prix, à l'heure ou la relocalisation de tout ce qui nous est indispensable au quotidien, va devenir l'Alpha et l'Omega des politiques qui veulent survivre, selon un sondage Odoxa, pas plus vieux qu'aujourd'hui même...

Pourtant, dès 2015, "le cabinet Boston Consulting Group estimait en effet que le coût d’un robot industriel va, en moyenne, baisser de 22% d’ici à 2025. En parallèle, leur efficacité devrait croître de 5 % par an. Et si l'emploi humain peut s'en trouver menacé, la compétitivité des entreprises va y gagner : la robotisation faisant chuter le coût moyen de la main d’œuvre mondiale de 16 %..."

Raison de plus si il en est, pour relocaliser massivement toutes les importations essentielles qui constituent le gros des produits que nous consommons tous les jours!

Mais pas de panique, les prix de nos achats baisseront au prorata, ce qui se traduira par des dépenses transférées, avec plus de ski par exemple (si il y a encore de la neige).

Le noeud du problème se concentrant sur les emplois non qualifiés, il est urgent de former ces salariés, plutôt que de leur faire faire des heures supplémentaires, puisqu'en relocalisant les débouchés crieront "présents"!

Il est intéressant de connaitre l'Histoire de France dans ce débat... Déjà dans les années trente, les ingénieurs mettaient au point des machines améliorant la productivité, mais le patronat français, ne l'entendait pas comme ça, il voulait "des familles", ce fut la première vague massive d'une immigration européenne, à l'époque, ensuite, suivant le même raisonnement nataliste, il y eu le regroupement familial des années 70...

Indécrottable MEDEF, encore et toujours, la tête dans le cul des années 30!

Ne comprenant absolument pas, que ce n'est pas la natalité qui fait la croissance, mais les machines qui tirent le pouvoir d'achat et les salaires vers le haut, à la condition sine qua non, que notre économie ne subisse pas d'importations massives destructrices de créations de valeurs!

Il va y avoir une boucherie politique à la fin du drame que nous vivons et les prélats du MEDEF (qui en plus ont voté Macron), devraient faire très attention à leurs prises de position, à moins de vouloir eux aussi, se retrouver nus de tous apparats et fort contrits, dans des charrettes sillonnant nos contrées enflammées... Ballottés par des flots de huées rageuses, fruits de buissons et forêts, tous unis dans une même revancharde chouannerie, où nul ne sera attendri au sein des Chabotterie ravies!

Cet été, aux grands bals de Némésis, feux de saints gens, ils finiront très gâtés, mais pas vraiment comme ils le rêvaient...

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